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ECHOS CULTURELS rassemblé par Taeib CHADI
Al Andalous, un groupe américain fondé
par un Marocain
NÉ À PORTLAND
Le groupe Al Andalous
"Illumination" est le
nouvel album d'Al Andalous, groupe américain co-fondé
par le Marocain Tarik Banzi et sa femme Julia.
Ce recueil musical, disponible en CD sur le net, est une sorte
d'assortiment de mélodies arabe, espagnole, américaine,
indienne et sépharade. Une alchimie faite de notes et de
sons qui puise toute son essence et sa force dans cette correspondance
chantante entre l'Orient et l'Occident.
Une mixtion de genres dissemblables où s'éclatent
divers instruments musicaux dans un rythme d'érudition
et d'improvisation. Ainsi le luth de Tarik Banzi orchestre la
guitare de sa femme Julia, le violon de Billy Oskay, le piano
de Joe Heinemann, le ney de Boujemaa Rasqui, la voix de Ranjani
Krishnan et la danse de Margarita Bruce. Entre ces musiciens issus
de cultures différentes et leurs instruments polyphoniques
s'est amplifié une sorte de complicité autour du
thème de l'Andalousie ?d'où le nom du groupe.
Enivrement
C'est dans des répartitions,
en même temps libres et mesurées, que Al Andalous
joue des suites chantées et instrumentées de différents
morceaux, entrecoupées de pièces musicales instrumentales.
Comme la nouba, la musique d'Al Andalous est chantée à
l'unisson par les instrumentistes en hétérophonie,
c'est-à-dire par enchevêtrement des voix.
Une sorte de juxtaposition de notes au rythme desquelles trouve
son sens et son élan, la voix ensorceleuse de Ranjani Krishnan
et le corps de Margarita Bruce, enivré de flamenco.
Bref, "Illumination" est une syntaxe mélodieuse,
sans fausse note, qui décline harmonieusement les tendances
culturelles et spirituelles des membres d'Al Andalous. Ce dernier
a à son actif deux autres albums (Liman For Whom? et Genetic
Memories). Deux disques où l'allusion nostalgique au "paradis
perdu" est audible. Au grand bonheur de Tarik Banzi. Ce Tétouanais
de souche a découvert tout jeune la musique andalouse.
Du grand Tamasmani jusqu'au petit bonhomme de Chekkara. Ses maîtres
spirituels.
Apogée
Bien trempé dans sa culture
maison, Tarik est parti vivre en Espagne. C'est là-bas
qu'il a retrouvé les racines de sa passion, la musique.
En Andalousie, il s'est ressourcé de cette civilisation
grandiose qu'ont délaissée ses ancêtres, il
y a quatre siècles.
De l'apogée à la décadence, Tarik a revisité
une belle page de l'histoire marocaine. Il en a tiré de
belles leçons auprès de l'un de ses symboles, Zeryab.
La réminiscence du passé, ne l'a pas empêché
d'aller se ressourcer du côté du Jazz. Un doctorat
des Beaux arts à l'université de Madrid en poche,
des collaborations avec les grands du Flamenco comme Paco de Lucia,
Manolo Sanlucar, Enrique Morente, Jorge Pardo, Carles Benavent
et Carlos Carli, des compositions musicales pour la télévision,
le cinéma et le théâtre et enfin une rencontre.
En effet, c'est dans sa foulée passéiste et accordée
que Tarik rencontre à Madrid Julia, musicologue américaine
spécialiste de la musique du Sud de l'Espagne. Un mariage
à l'espagnol qui donna naissance à Al Andalous à
Portland.